mercredi 24 février 2010

Tim Burton, Président du jury 2010


Le réalisateur américain Tim BURTON sera le Président du jury du 63e Festival de Cannes qui aura lieu du 12 au 23 mai 2010.

En acceptant l’invitation de Gilles Jacob et Thierry Frémaux, Tim Burton a déclaré : "Après avoir passé mes jeunes années à voir des triples programmes et à faire des marathons de 48h de films d’horreur, je me sens prêt pour Cannes. C’est un grand honneur et je suis très impatient de me retrouver avec mes camarades jurés pour voir de beaux films venus du monde entier. Quand on pense à Cannes, on pense cinéma du monde. Et puisque j’ai toujours vécu les films comme des rêves, je vais vivre un rêve devenu réalité."

Réalisateur américain, Timothy Walter Burton est né le 25 août 1958 en Californie. Passionné dès l’enfance par le dessin et le cinéma fantastique, il suit les cours du California Institute of the Arts avant de rejoindre l'équipe d'animation des studios Disney. Son univers, déjà très original, est éloigné du style des dessins animés Disney mais le studio reconnaît son talent et soutient la production de ses premiers courts métrages : Vincent (1982), Hansel et Gretel (1983) et Frankenweenie (1984).

Le succès est au rendez-vous dès son premier long métrage Pee-Wee's Big Adventure (1985) mais c’est Beetlejuice (1988) qui lui ouvre grand les portes de Hollywood. Warner l’engage pour le premier Batman (1989), qui lui permet de passer à des projets plus personnels et d’imposer son style avec Edward aux mains d'argent (1990) qu'il réalise et L'Etrange Noël de Monsieur Jack (1993) qu'il produit. Leur succès critique international fonde sa renommée de démiurge visionnaire.

Les quatorze longs métrages qui composent aujourd’hui son œuvre réinventent tous les genres, de la biographie (Ed Wood, sélectionné en compétition à Cannes en 1995), à la science fiction (Mars Attacks, 1997, ou La Planète des singes, 2001), en passant par le fantastique (Sleepy Hollow, 1999), la fantasy (Big Fish, 2003), le film d’animation (Les Noces Funèbres, 2005), le conte pour enfant (Charlie et la chocolaterie, 2005) ou la comédie musicale avec Sweeney Todd en 2007.

Connu comme cinéaste, Tim Burton est aussi illustrateur, peintre et photographe. En 1998, il publie un recueil de poèmes illustrés, La Triste Fin du petit Enfant Huître et autres histoires. Le MoMA de New York le consacre comme artiste avec une grande exposition ouverte jusqu’au 28 avril 2010.

Son prochain long métrage, une adaptation 3D d’Alice au pays des merveilles d’après Lewis Carroll, avec son acteur fétiche Johnny Depp et Helena Bonham Carter, sort en salles aux Etats-Unis le 5 mars prochain, et en France le 7 avril.

"C’est la première fois qu’un créateur venu de l’animation préside le jury du Festival de Cannes. Cinéaste au cœur d’or et aux mains d’argent, Tim Burton est avant tout un poète. Un prestidigitateur au délire visuel dont l’écran devient féérie. Que sa douce folie et son humour gothique envahissent la Croisette et ce sera Noël pour tout le monde. Noël et Halloween…", promet Gilles Jacob, le Président du Festival.

Le Festival de Cannes se déroulera du 12 au 23 mai 2010. La sélection officielle sera annoncée mi-avril.

Source: www.festival-cannes.com

mercredi 27 mai 2009

Cannes 2009, le bilan

Cannes 2009 a baissé pavillon, il est temps comme Isa, Shu, Sharmi et tous leurs amis de tirer les conclusions qui s'imposent.


UP

* Après 2008, année de la femme qui en prend plein la face, voici 2009, année des enfants en panique. Traumatiquement accidenté (Soudain le vide), abandonné comme enterré (Une vie toute neuve), séparé de maman (Vincere), ou hanekisé (Le Ruban blanc), le mioche du cru n'a pas la vie facile.

* Maman très chère. Courage dans Mother, emprisonnée dans Vincere, vomie dans J'ai tué ma mère, endeuillée dans Antichrist, à la rue dans Fish Tank, si en 2009 les gosses trinquent, maman n'est jamais bien loin.

* 2009, année de la sorcière. Prêtresse de bois (La Nymphe), folle de chagrin (Antichrist) ou ire maudite (Jusqu'en enfer), tout le monde dit wesh à la witch-bitch. Et quid de Sabine Azéma dans le Resnais?

* Sonate de Tokyo, suite. Après Kiyoshi Kurosawa l'année passée, la capitale tokyoïte attire le touriste. Voyage organisé pour Isabel Coixet (Map of the Sounds of Tokyo), virée underground chez Gaspar Noé (Soudain le vide). Les vrais Japonais, eux, se contentent des sections parallèles.

* L'éternelle farandole de l'antique spectatrice cannoise. Parfois seulement au bout de quelques minutes de film, chaque année, c'est le même spectacle: des ombres s'élèvent et tentent péniblement, dans un râle de douleur, de se frayer un chemin vers la sortie. Généralement par groupe, le pas peu assuré, les bras en l'air, mimant la danse du Septième sceau sur les raides marches du balcon. Et les autres de guetter la chute de Bouli qui n'arrive jamais.

* Côté mesdames, Kim Oh-vin, bombe incendiaire dans Thirst, ceci est mon sang. Côté messieurs, Cauã Reymond dans A Deriva, venu présenter le film où le canon brésilien a... 2 scènes. Merci quand même.


DOWN

* Pas de fête pour moi cette année. 2009, année studieuse.

* Où sont passées les merveilles du Marché du film 2008? Les phacochères mexicains hantés, les films de Lorenzo Lamas contre des poulpes géants et de Ian Ziering contre des dinosaures incas, les bios de Tatu par Roland Joffé? Cette année, à peine un Hercule Kid en 3D avec Hulk Hogan à se mettre sous la dent. C'est la crise, même dans le monde de l'improbable.

* L'Imaginarium du Docteur Parnassus. RIP Terry Gilliam, jusqu'à la montée des marches: on imaginait Colin Farrell, Johnny Depp et Jude Law pour faire écran de fumée, on n'a eu que Mini-Me qui n'a pu escalader l'insurmontable obstacle. Ca va très bien avec le film.

* Le cancrelat qui, dans le train Marseille-Paris de dimanche soir, a cru bon d'annoncer tout haut "Haneke Palme d'or!", alors qu'on s'était religieusement protégé les oreilles pour profiter de l'enregistrement en différé, à la maison, avec du popcorn et du Banga. Raté.

mardi 26 mai 2009

Le Palmarès


Palme d’or :
Le Ruban blanc de Michael Haneke

Grand Prix :
Un prophète de Jacques Audiard

Prix exceptionnel du Festival de Cannes :
Alain Resnais

Prix d’interprétation masculine :
Christoph Waltz (Inglourious basterds)

Prix d’interprétation féminine :
Charlotte Gainsbourg (Antichrist)

Prix de la mise en scène :
Kinatay de Brillante Mendoza

Prix du scénario :
Nuits d’ivresse printanière de Lou Ye

Prix du jury :
ex aequo : Fish tank d’Andrea Arnold et Thirst de Park Chan-Wook

Caméra d’Or :
Samson et Delilah de Warwick Thornton (Australie)
Mention spéciale : Ajami de Scandar Copti, Yaron Shani=

Prix du court métrage :
Arena de Joao Salavisa
Mention spéciale : The Six dollar fifty man

Coco Chanel & Igor Stravinsky - Clôture


Bonne surprise que ce Coco Chanel & Igor Stravinsky: après une ouverture très réussie et assez adhoquement drôle à Cannes (Stravinsky qui présente son Sacre pour se faire huer par des gus qui s'attendaient à voir Le Bal des cygnes *toute ressemblance avec l'accueil critique de certains films ne serait que pure coïncidence*), Kounen, pour une fois en mode retrait, joue très bien de la tension glaciale et sexuelle entre Mouglalis et sa voix, Mikkelsen et sa carrure. Dans un registre moins fight huppertien, le film évoque parfois le côté glace claustro de Gabrielle (de Chéreau à Kounen, on aura tout vu). Une certaine élégance stylée et un sens du casting (l'épouse de Stravinsky), jusqu'au générique qui mêle motifs d'arts déco et... psychédélisme blueberrien.

4/6

Fish Tank


Petit portrait pas si petit d'une gaminette cash à casquette comme un cheval blanc enchainé à une pierre, qui regarde avec dépit ses camarades se fringuer en putes, se bastonne avec les mecs, et pire que tout, vit avec une mère qui écoute du reggae. Le casting est royal, et certaines scènes installent une tension qui pousse le film vers du plus grand (toute la séquence, splendide, avec la fée Schtroumpfette). Comme Red Road (avec lequel il partage une construction assez voisine), Fish Tank est trop long mais Arnold sait décidément y faire. En matière de social british, voilà un film qui donne d'un coup de grosses rides à Ken Loach.

4-5/6

Nuit d'ivresse printanière


Il y a de belles choses dans ce Nuit d'ivresse printanière, ne serait-ce que ce début tout simple, mais surtout, une fois qu'on quitte le récit linéaire et conventionnel, ces états d'âme au ciel empli d'une tristesse infinie, et ces cicatrices sur lesquelles on ne chiale pas mais où l'on pose un tatouage en fleur de lotus. Las, le scénario est un énorme fouilli qui bloque un peu l'émotion, là où Lou Ye a montré par le passé ses talents en matière de dépit amoureux (Suzhou River et surtout son magnifique Une jeunesse chinoise). Beau spleen mais film inégal.

3/6

samedi 23 mai 2009

Quinzaine des réalisateurs - Palmarès


Après la Semaine de la critique, c'est au tour de la Quinzaine des réalisateurs de rendre son verdict. Le triomphe est total pour le très bon premier film du tout jeune Canadien Xavier Dolan, J'ai tué ma mère. Le film sort le 15 juillet en France.

PRIX SACD, PRIX REGARDS JEUNES, PRIX ART CINEMA AWARD
J'ai tué ma mère, de Xavier Dolan (Canada)

MENTION ART CINEMA AWARD
La Merditude des choses, de Felix Van Groeningen (Belgique)

PRIX EUROPA CINEMA
La Pivellina, de Tizza Covi et Rainer Frimmel (Italie)

PRIX SFR DU COURT METRAGE
Montparnasse, de Mickael Hers (France)

Semaine de la critique - Palmarès


LONG METRAGE

Grand Prix de la Semaine de la Critique
Adieu Gary, de Nassim Amaouche (France)

Jury : Décerné par la presse (les journalistes sont invités à voter à chaque projection).


Prix SACD
Lost Persons, Area de Caroline Strubbe (Belgique / Pays-Bas / Hongrie)

Jury : Bertrand Van Effenterre, Charles Nemes et Jacques Fansten (SACD)


Soutien ACID/CCAS
Sirta La Gal Ba (Whisper With The Wind) de Shahram Alidi (Irak)

Jury : Teona Mitevska, Soufiane Adel, Laurent Salgues, Eric Guirado (réalisateurs membres de l’ACID) et Anna Deffendini (CCAS)



Prix OFAJ/TV5MONDE de la (Toute) Jeune Critique
Sirta La Gal Ba (Whisper With The Wind) de Shahram Alidi (Irak)

Jury : 32 lycéens français et allemands participant à la (Toute) Jeune Critique.



COURT METRAGE

Grand Prix Canal+ du meilleur court métrage
Slitage (Seeds of the Fall) de Patrik Eklund (Suède)


Prix découverte Kodak du meilleur court métrage
Logorama de François Alaux, Hervé de Crécy, Ludovic Houplain (H5)

Jury : Stéphane Brizé (réalisateur), Jérémy Clapin (lauréat 2008), Mylena Poylo (productrice, TS Production), Marina Foïs (actrice), Thomas Sotinel (critique), Antoine Roch (chef opérateur), Jean Labadie (distributeur, Le Pacte), Gilles Duval (Fondation Gan)



AUTRES PRIX

Prix Regards Jeunes
Sirta La Gal Ba (Whisper With The Wind) de Shahram Alidi (Irak)

Jury : 7 jeunes cinéphiles européens invités par le Ministère en charge de la Jeunesse.

Mourir comme un homme - Un Certain Regard


Après l'horrible O Fantasma et Odete qui l'était déjà moins, le réalisateur portugais Joao Pedro Rodrigues continue d'explorer ses terres de queeritude: après le SM à poubelles, après les loulous en slip fans d'Audrey Hepburn, voici les travelos qui font du playback sur du Bonnie Tyler. Le film n'est pas si mauvais quand il a quelque chose à raconter, le problème est qu'il délaie sur 2h13 interminables (mais pourquoi pas 4h? pourquoi pas 12h? et 6 mois tant qu'on y est?) à coups de fredonnement a cappella de chansons portugaises à dormir debout et de chasse au dahu par des trav dont l'un semble échappé d'un épisode de Samantha Oops sous filtre rouge (séquence redoutablement hideuse). Dommage, car la relation entre les deux personnages principaux reste un peu en plan, à tourner en rond, que les questionnements de l'héroïne sur la pente savonneuse à devenir femme et mourir comme un homme font un solide moteur, et que la fin est assez réussie. Mais avant cela, on passe 2h13 (probablement une de trop) à voir le nuage de Nicolas et Pimprenelle défiler en haut de l'écran.

2/6

Visage


Caricature de son propre cinéma, Visage de Tsai Ming-Liang, une commande du Musée du Louvre, s'effondre après une belle première demi heure en un enchaînement las de séquences surréalistes de moins en moins inspirées à mesure que le film progresse. Tous les passages frenchie à hommages Nouvelle Vague (sa Fanny Ardant truffaldienne, son Jean-Pierre Léaud qui s'appelle Antoine, sa Laetitia Casta... ah non pas Laetitia Casta) se révèlent lourds comme du plomb et le rythme de limace pèse sur l'estomac. Restent quelques touches d'humour, le segment maternel plus attachant, un cerf et un gros budget scotch.

2/6