
L'Anglais Thomas Clay avait fait son petit buzz en 2005 lors de la présentation de son The Great Ecstasy of Robert Carmichael, film choc au dispositif formel impressionnant mais au scénario plus faiblard. Soi Cowboy signe son retour, en forme de grand contrepied: là où Carmichael conservait une distance glaciale vis-a-vis de ses personnages, Soi Cowboy les regarde de près, dans leur petit quotidien gratté en noir et blanc. Pourtant, rien ne semble couler de source avec cette description complexe d'une relation entre un Européen bedonnant (Nicolas Bro, découvert dans Dark Horse de Dagur Kari) et une jeune locale (Pimwalee Thampanasyan). Au-delà de l'étrangeté des antagonismes, Clay observe son couple qui marche à la façon d'un échange commercial, "un clash entre les visions occidentales de l'amour et de la sécurité" selon le réalisateur, et qui donne lieu à des scènes d'une tendresse assez déroutante. L'envol semble pris lors d'un voyage fascinant, où Clay plonge son couple dans une nuit auprès de temples, mais la césure colorée déçoit un peu ensuite, apportant peu d'eau à ce que Clay a réussi à montrer, en toute ambiguïté, jusqu'ici.
A noter, pour les initiés, la présence réjouissante d'une mémé en déambulateur qui fait figure de cousine de plan fixe de la boiteuse superstar de Goodbye Dragon-Inn.
4/6