mercredi 27 mai 2009

Cannes 2009, le bilan

Cannes 2009 a baissé pavillon, il est temps comme Isa, Shu, Sharmi et tous leurs amis de tirer les conclusions qui s'imposent.


UP

* Après 2008, année de la femme qui en prend plein la face, voici 2009, année des enfants en panique. Traumatiquement accidenté (Soudain le vide), abandonné comme enterré (Une vie toute neuve), séparé de maman (Vincere), ou hanekisé (Le Ruban blanc), le mioche du cru n'a pas la vie facile.

* Maman très chère. Courage dans Mother, emprisonnée dans Vincere, vomie dans J'ai tué ma mère, endeuillée dans Antichrist, à la rue dans Fish Tank, si en 2009 les gosses trinquent, maman n'est jamais bien loin.

* 2009, année de la sorcière. Prêtresse de bois (La Nymphe), folle de chagrin (Antichrist) ou ire maudite (Jusqu'en enfer), tout le monde dit wesh à la witch-bitch. Et quid de Sabine Azéma dans le Resnais?

* Sonate de Tokyo, suite. Après Kiyoshi Kurosawa l'année passée, la capitale tokyoïte attire le touriste. Voyage organisé pour Isabel Coixet (Map of the Sounds of Tokyo), virée underground chez Gaspar Noé (Soudain le vide). Les vrais Japonais, eux, se contentent des sections parallèles.

* L'éternelle farandole de l'antique spectatrice cannoise. Parfois seulement au bout de quelques minutes de film, chaque année, c'est le même spectacle: des ombres s'élèvent et tentent péniblement, dans un râle de douleur, de se frayer un chemin vers la sortie. Généralement par groupe, le pas peu assuré, les bras en l'air, mimant la danse du Septième sceau sur les raides marches du balcon. Et les autres de guetter la chute de Bouli qui n'arrive jamais.

* Côté mesdames, Kim Oh-vin, bombe incendiaire dans Thirst, ceci est mon sang. Côté messieurs, Cauã Reymond dans A Deriva, venu présenter le film où le canon brésilien a... 2 scènes. Merci quand même.


DOWN

* Pas de fête pour moi cette année. 2009, année studieuse.

* Où sont passées les merveilles du Marché du film 2008? Les phacochères mexicains hantés, les films de Lorenzo Lamas contre des poulpes géants et de Ian Ziering contre des dinosaures incas, les bios de Tatu par Roland Joffé? Cette année, à peine un Hercule Kid en 3D avec Hulk Hogan à se mettre sous la dent. C'est la crise, même dans le monde de l'improbable.

* L'Imaginarium du Docteur Parnassus. RIP Terry Gilliam, jusqu'à la montée des marches: on imaginait Colin Farrell, Johnny Depp et Jude Law pour faire écran de fumée, on n'a eu que Mini-Me qui n'a pu escalader l'insurmontable obstacle. Ca va très bien avec le film.

* Le cancrelat qui, dans le train Marseille-Paris de dimanche soir, a cru bon d'annoncer tout haut "Haneke Palme d'or!", alors qu'on s'était religieusement protégé les oreilles pour profiter de l'enregistrement en différé, à la maison, avec du popcorn et du Banga. Raté.