
Le pire est peut-être encore qu’il faille voir dans Ne te retourne pas, ne serait-ce que par son titre, un hommage avoué à Nicolas Roeg – dont espérons-le on épargnera les vieux jours du visionnage. C’est peu dire pourtant qu’on croyait en Marina De Van, sur l’excellent souvenir de son premier film, Dans ma peau, rencontre improbable et sauvage entre une francitude Fémis et le Cronenberg organique des débuts. On avait aussi noté sa collaboration prolifique au scénario du subtil Comme des voleurs (à l’est) de Lionel Baier ; et sur cette bonne lancée, tout laissait à croire, sur le seul bénéfice de son pitch intrigant, que Ne te retourne pas confirmerait l’essai. A peu près rien, pourtant, à sauver, dans le navet qui au final nous arrive. Les effets spéciaux tout de même, diront les indulgents. Mais ce serait négliger que pour quelques plans de belle monstruosité numérique, c’est tout le film qui doit se plier à un étalonnage jaunâtre simplement dégueulasse, au fil d’une mise en scène d’une laideur consommée qu’on croyait morte et enterrée avec la carrière de Pitof. Las, il faut donc encaisser la patine métal rouillée de ce machin innommable, découpé à la serpe, et in fine, de toute façon, plombé par une écriture abominable, rendant tout effort de direction d’acteurs impossible. On n’avait en effet pas eu à entendre pareils dialogues depuis Red Is Dead. Le souci étant qu’ici, nulle parodie : le premier degré est affirmé, et douloureux.
0/6
Guillaume Massart